Jeudi, Mars 30, 2006

Bilan: les tensions s'accentuent.

Près de 500 personnes (edit: avec une marge d'erreur de +/- 10% pour les contestataires,bien que cela importe peu) se sont réunies pour une manifestation en faveur du déblocage. Dans le calme, et ce malgré les provocations de certains (qui ont prouvé par là, après l'arrachage des affiches informant la tenue du rassemblement, leur attachement au discours unique et leur fermeture à toute autre vision qu'eux).Condescendance et mépris de l'avis opposé ont dominé leur triste mascarade. Les anti-blocage ont réagi avec sagesse en ignorant les huées des quelques étudiants et lycéens ne tolérant qu'eux-même et ont rejoint la préfecture sans agitation, respectueux de leur action.

Les discussions avec le préfet n'ont hélas rien donné: pas d'intervention des forces de l'ordre s'il n'y a pas de problème majeur de sécurité. Soit. Toutes les actions pacifiques et démocratiques ayant échoué, face à la passivité des autorités, face au mépris de certains, mus par la colère de ne pas être entendus, une frange des anti-blocage s'est décidée à reprendre les bâtiments par la force. Quelques heurts entre étudiants, des exctincteurs vidés, de houleuses discussions... cette après-manifestation avait des allures de "La Guerre des Boutons".

Les étudiants se battent entre eux. La bataille est avant tout idéologique. La préférence pour la Liberté se bat contre la préférence pour l'Egalité, et la Fraternité s'est éclipsée.

Nous sommes dans une impasse. Des deux côtés des montagnes de chaises et de tables qui nous séparent. Si les autorités continuent à faire la sourde oreille, ils auront (et personne ne le souhaite) leur justification pour intervenir: un ou plusieurs blessés. Bien fait pour eux. Bien fait pour nous.

AG Lundi prochain au Campus 2 (Amphi 500 ou Varignon) à 10H. Nous devons soutenir le mouvement anti-blocage et être à nouveau nombreux!


Mardi, Mars 28, 2006

Grande mobilisation Jeudi 30/03 à 10h00

La "majorité silencieuse" doit se faire entendre. Il est important que nous soyons nombreux à montrer que nous nous sentons concernés et pénalisés par le blocage de nos bâtiments. Que ce soit par intérêt, ou par principe, que vous soyez pour ou contre le CPE...peu importe: faisons savoir que nous sommes contre l'occupation!

Transmettez,diffusez... plus nous serons nombreux, plus nous aurons de poids.


Pourquoi la mobilisation contre le CPE n'est pas un nouveau Mai 68 par Eric Zemmour

http://www.lefigaro.fr/debats/20060325.FIG000000633_pourquoi_la_mobilisation_contre_le_cpe_n_est_pas_un_nouveau_mai_.html)

Ils crient CRS-SS. Ils proclament : «Sous les pavés la plage.» Ils occupent la Sorbonne. Mai 68 est dans toutes les têtes – des manifestants, comme des médias et des politiques. Mais c'est un Mai 68 d'opérette. Un Mai 68 remixé, comme ces airs des années passées, samplés par des disc-jockeys habiles pour leurs folles nuits dansantes.

Rien ne ressemble moins à Mai 68 que ces manifestations contre le CPE de mars 2006. Jusque dans les moindres détails. Dans les manifs d'antan, le service d'ordre des étudiants est solide et bien trempé. Le casque et la barre de fer sont de rigueur. Les combats avec les «fachos» et les autonomes» sont plus féroces qu'avec les CRS. Ceux-ci ne font pas de cadeaux non plus. La violence est assumée par tous les protagonistes ; dans militant, il y a militaire. Chacun a sa légitimité : violence révolutionnaire pour les uns, violence d'Etat pour les autres.

Aujourd'hui, la violence est le mal en soi. La télévision traque les «coupables». Le service d'ordre étudiant est inexistant, les cortèges sont de gigantesques gruyères. Les «jeunes» ne veulent pas entendre parler de maintien de l'ordre, pour eux le début du «fascisme». Les CRS restent cois des heures durant sous les insultes, les pierres et les projectiles divers jetés par des anarchistes et des banlieusards venus uniquement «casser du flic». Eux seuls assument la violence sans état d'âme. La «bavure» est la hantise du ministre de l'Intérieur qui a donné des consignes très strictes. Le syndicaliste blessé est un drame humain, mais c'est déjà un miracle qu'il n'y en ait pas eu d'autres, beaucoup d'autres. Un nouveau «miracle» après celui des émeutes de novembre. Il est vrai que les CRS sont devenus des professionnels aguerris. Leur niveau de formation s'est élevé, beaucoup de diplômés déclassés peuplent leurs rangs. En 1968, ils étaient des ouvriers ou des paysans qui méprisaient les fils de bourgeois. On connaît le mot célèbre d'un metteur en scène italien de l'époque pourtant de gauche : «Entre un étudiant et un CRS, je choisis le CRS car c'est un fils du peuple.»

Cet affrontement de classe s'est estompé. Les étudiants pourraient être les enfants des CRS. L'université française s'est démocratisée, massifiée, prolétarisée. La moitié des étudiants travaille pour payer ses études et son logement. Les étudiants de 68 dissertaient sur la lutte des classes, mais ne connaissaient pas l'entreprise ; ceux de 2006 la connaissent très bien, et n'en ont vu que les plus mauvais côtés.

Leurs discours sont plus pratiques, moins brillants. La prolétarisation n'est pas uniquement sociale. L'abaissement du niveau scolaire pour satisfaire les statistiques du baccalauréat a fait son oeuvre. Le refus de la sélection – entériné en 1986 – a créé d'innombrables filières (éducation physique, sociologie, etc.), sans débouchés professionnels. Des troupes désespérées sont ainsi conduites dans des mouvements sans discours construit, sans culture historique ni politique. Sans ligne définie. Le contraire des leaders de 68 qui, eux, se droguaient d'une logorrhée théorique, un fatras millénariste et marxiste, mais aux références livresques indéniables. Les vieux renards des mouvements de jeunes, passés depuis au PS, s'arrachent les cheveux. «Ils sont où on les pose. C'est le mouv !» confie, désabusé l'un d'entre eux. Sans ligne ni leader. Personne ne veut assumer la direction du mouvement. «On n'est pas là pour faire émerger des nouveaux Cohn-Bendit», proclame une étudiante lilloise. Autorité, supériorité, compétition – encore des mots tabous d'une génération.

Leur unique slogan est «résistance», scandé sur tous les tons. Résistance au CPE, résistance au libéralisme, résistance à la mondialisation – les étudiants de 2006 sont sur la défensive. Ils s'enferment dans les universités comme dans une citadelle assiégée. Ils occupent leurs locaux dès le début des mouvements, alors que cette opération ne venait en 1968 qu'à la fin. Les étudiants de Mai 68 rêvaient de lendemains qui chantent, ceux de 2006 n'ignorent point que leurs lendemains déchanteront. Ils cherchent seulement à limiter la casse. Sans l'avouer, ils ont intériorisé la phrase du président de la Commission Barroso : «Tout le monde sait que l'on vivra avec moins de garanties, moins d'acquis, moins de bonheur que les générations précédentes.»

En 1968, les jeunes étaient internationalistes et s'opposaient à un Etat fort, colbertiste, campé dans ses frontières et son histoire millénaire. De Gaulle incarnait Richelieu et Louis XIV ; les étudiants lui jouèrent les enragés de 93 avec et les mazarinades. Aujourd'hui, c'est le capitalisme qui est internationaliste et incarne une sorte de révolution permanente. Les mots «changement», «réforme» et «conservatisme» sont subvertis. Retournés. Les jeunes s'arc-boutent sur le modèle social français, tandis que l'Etat essaye d'adapter aux normes mondiales un pays rétif qui refuse de renoncer définitivement à son logiciel égalitaire forgé par le catholicisme, la monarchie et la Révolution.

Mais le dialogue des générations est justement obscurci par cette question des inégalités : selon les travaux du sociologue Louis Chauvel, l'écart des rémunérations moyennes entre trentenaires et cinquantenaires était de 15% en 1975, il est désormais de 40%. Les babyboomers sortent grands vainqueurs de la lutte des générations du XXe siècle. Les jeunes d'aujourd'hui n'osent pas reprocher à leurs parents de laisser un monde où leur sort sera pire que le leur. Les parents baby-boomers «culpabilisent» en secret et soutiennent leurs enfants. Ils leur livrent clés en mains un savoir-faire, une référence, des slogans, un idéal. Ils leur donnent les mots de la révolte pour mieux la diriger encore. Et éviter qu'elle ne se retourne contre eux. Comme si la référence obsessionnelle à Mai 68 servait fort opportunément à empêcher la révolte de la jeunesse contre le monde légué par les soixante-huitards.

* Grand reporter au service politique du Figaro.


Lundi, Mars 27, 2006

Rassemblement des anti-blocage Jeudi 30/03

Jusqu'à présent,les actions anti-blocage n'ont pas brillé par leur efficacité. Pas d'organisation officielle, pas de syndicats, une passivité terrible de la part d'un très grand nombre d'étudiants,la peur d'une radicalisation du mouvement anti-blocage de la part de certains ou au contraire actions jugées trop molles pour d'autres.

La présidence ne respecte pas ses engagements. Elle laisse faire, adoptant une attitude très française qui est la suivante: "Laissons faire tant qu'il n'y a pas de blessés ou de morts", c'est à dire la négation de toute forme de prévention. Le festival des Fous de la Rampe est suspendu. Les bloqueurs sont passés à la phase B: l'éventuel retrait du CPE ne leur suffit plus, c'est désormais une lutte générale qu'ils comptent mener: l'éradication de la pauvreté en France, rien de moins!

La cause est utopiste mais pas illégitime. Les moyens par contre le sont.

Ainsi, tout étudiant opposé au blocage de plus en plus durable de la fac se doit de se sentir concerné et d'agir en faisant part de sa présence jeudi sur le Campus 1. Non pas pour tenter un déblocage forcé des bâtiments, non pas pour "casser du gauchiste" comme certains se plaisent à le laisser entendre, non pas pour exprimer sa violence, mais bel et bien pour montrer que nous pouvons être nombreux. Les mouvements nationaux anti-blocage sont montrés comme anecdotiques dans les médias, et tournés en ridicule par les bloqueurs, qui y voient une révolte de fils à papa, ivres qu'ils sont non seulement de leur mauvaises bières mais aussi d'amalgames faciles et de grossière caricature.

Rendez-vous est fixé donc, JEUDI 30/03 A 10H30 DEVANT "LA PARENTHESE" (CAMPUS1)

En attendant,vous pouvez toujours consulter le lien suivant:

http://antiblocage.hautetfort.com


Dimanche, Mars 26, 2006

Se sentir concerné et agir (à diffuser)

Lundi 27/03 à 13h aura lieu une Assemblée Générale au Campus 1.

Tous ceux qui se sentent concernés par le débloquage se doivent d'y participer. Nous devons montrer que nous ne sommes pas qu'une minorité à désirer reprendre les cours. Si c'est le seul moyen pour les débloqueurs d'être conscients de leur illégitimité, agissons!

Il faudra certes attendre deux ou trois heures de palabres, de discours politisés, supporter la mauvaise foi mais... au moment du vote concernant le débloquage, nous DEVONS être majoritaires. J'avoue être déçu par la passivité de nombreux étudiants qui se contentent de profiter du bloquage pour ne rien faire, qui en ne s'investissant pas cautionnent implicitement l'action des bloqueurs. Etudiants de Sciences Humaines, vous aussi mobilisez-vous!

L'intervention de la police est certes prévue ce lundi. Mais les voix étudiantes doivent également se faire entendre lors de cette prochaine AG.

Les esprits s'échauffent, après tant de semaines de passivité de la présidence la colère est montée, il est temps de l'utiliser à bon escient et avec sagesse: en votant. Si cela s'avère peine perdue, soutenons l'évacuation des bloqueurs, qui je l'espère, se fera sans heurts.

Il est primordial de se déplacer lundi à 13 heures, afin de ne pas (plus) cautionner la passivité et le blocus de nos bâtiments.

Le lieu, la date et l'heure de cette AG doit être transmise au plus de personnes possibles, quelque soit la légitimité des Assemblées Générales, quelque soit notre avis sur le CPE, quelque soit notre bord politique.

La véritable action, c'est pour maintenant.


Samedi, Mars 25, 2006

Information à relayer

Initialement posté sur http://antiblocage.hautetfort.com

Rapport du Conseil d'administration du 24/03/06

Voila ce qui a été dit hier en conseil d'administration de l'université :

A la motion émise par le collectif "le CA de l'université de basse normandie demande t il instantanément le déblocage de l'ensemble des bâtiments?" =>pas encore de réponse...

Bilan du tour de table durant la 1ere heure:
état des lieux catastrophiquen :
_alcoolisme
_vomis_
_dégradation entrainant de graves pertes de recettes
_urine dans les locaux
_promenade des bloqueurs ivres sur les toits des bâtiments la nuit...
Le prefet dispose de l'ordre public de l'université depuis ce matin.
La question de la sécurité au sein des locaux aboutit au constat qu'un grave danger court.
Obligation d'évacuer les locaux avant lundi midi et cela dans un état convenable sous menace d'intervention des forces de police
Les habitants du campus se plaignent d'une grande peur la nuit en raison des différentes disputes
Sanction pour le personnel ayant aidé au blocage(grave faute professionnelle)

Vendredi, Mars 24, 2006

ACTION VENDREDI 24/03 (BIS)

Quelques précisions: nombreux sont les anti-blocus non syndiqués, le créateur de ce blog le premier. Et si des étudiants de l'UNI voire du FNJ ou du SUD supportent le mouvement, libre à eux; nous avons au moins le mérite de ne discriminer personne. Nul "mouvement", nul syndicat, nul parti derrière cette action.

Etait-ce vraiment utile de préciser qu'il faut avant tout tenter d'ouvrir un dialogue avec les bloqueurs et qu'il ne s'agit pas de "fracassage de gauchiste" ? Si certains veulent en découdre, ils sont bien sûr libres de leurs actes, dans la mesure où ils agissent de leur propre chef, mais qu'ils n'agissent pas au nom de la majorité des anti-blocus; nous n'avons rien à dicter à personne, et certainement pas toute action qui porterait un discrédit aux rassemblements d'étudiants désireux de regagner la liberté d'étudier et celle de circuler. Comme l'a intelligemment rappelé un intervenant: au vu des évènements qui suivront les jours prochains, l'usage de la violence n'aura guère d'utilité, sinon de discréditer les actions. Privilégions le DIALOGUE, si les personnes du camp d'en face s'avèrent moins intolérantes qu'en Assemblée Générale "Souveraine". Ceci est un conseil plus qu'une revendication.

Par ailleurs, le blocus sera certainement maintenu lundi, car nombreux sont les bloqueurs qui rêvent d'affronter la police, recréant ce "sehnsucht", cette nostalgie d'une époque qu'ils n'ont pas connue: Mai 68. L'intolérance envers le rôle des policiers,qui comme tous salariés sont des êtres humains avant d'être les représentants d'une fonction, est légion dans les rangs des étudiants abreuvés par les discours d'extrême-gauche. Ils rêvent d'affronter ces gens qu'ils détestent, car ils représentent la République.

Ne nous faisons guère d'illusions.

Suivons notre esprit critique, nos propres valeurs et nos propres idéaux.

Soyons libres.


Jeudi, Mars 23, 2006

ACTION VENDREDI 24/03

De quelque bord politique que vous soyez, quelque soit votre avis sur la violence ou le pacifisme concernant le déblocage des bâtiments (Suite)

Publiez vos photos.

Photos des actions,des bâtiments occupés,etc.


Propositions d'actions

Proposez ici toute idée d'action, tout rendez-vous ou rassemblement visant à libérer les bâtiments occupés.

Présentation

Ce blog a été créé afin d'organiser le mouvement anti-bloquage de l'université de Caen, qui est encore trop anarchique (un comble) pour mener des actions concrètes.

Une action spontanée a permis ce jeudi 23 mars de libérer le bâtiment Droit, et s'il est possible de s'organiser, alors les autres bâtiments (Lettres et Sciences notamment) devraient être débloqués tout aussi rapidement.

Le but de ce blog est avant tout de réunir toutes personnes désirant s'investir contre le blocus et de proposer des ACTIONS, face à la passivité de l'administration.

Ils nous les brisent, on s'organise.

Le plus important pour le moment est de faire connaître cette adresse au maximum de gens possibles. Diffusez!