Jeudi, Avril 13, 2006
Deblocage voté...!
FIN
Lundi, Avril 10, 2006
AG CAPITALE MARDI
AG A 18H! Il faut tenter de renouer le dialogue et de faire valoir le bon sens, dans un esprit de retour au calme.
Si elle n'a pas lieu à l'Amphi Daure, elle aura lieu à l'Amphi 2000 (au bout du Bâtiment Sciences, en face des voies du tram)
N.B: J'en profite pour passer une info pour les étudiants d'Histoire: Réunion d'UFR à 15h Amphi 2000. J'espère pour vous qu'elle se passera dans de meilleures conditions que celle des Sciences Humaines!
Dimanche, Avril 09, 2006
LUNDI 10 AVRIL: MOBILISATION ETUDIANTE ET CITOYENNE
Lundi à 8 heures, tous les étudiants, quelque soit leur avis sur les bloqueurs ou les anti-blocage, les engagés, les neutres, ceux qui supportaient le blocage, ceux qui approuvent ou condamnent les actions du collectif antu-blocage, ceux qui ont choisi la voie du calme et de la raison...tous ceux qui souhaitent que les cours reprennent, tous ceux qui veulent bosser cet été, tous ceux qui désirent obtenir leur diplôme non sous-évalué et dans de bonnes conditions, les étudiants de tous les UFR,tous les campus... TOUS sont appelés à se rendre au Campus 1 à 8 heures sous la gallerie vitrée. Il s'agit de montrer notre désir de récupérer les locaux afin d'y étudier et nullement d'une action violente de déblocage. Nous avons déjà perdu beaucoup de temps. Il est temps d'être raisonnables...et nombreux. J'appelle surtout ceux qui ne se sont nullement manifestés depuis le blocage des bâtiments, que ce soit d'un côté comme de l'autre, les pro ou les anti-cpe, ceux qui ne s'intéressent pas au sujet de ce contrat ou au sujet du blocage, ceux qui n'ont pas mis les pieds à la fac depuis un mois: le lundi 10 avril est le jour de la mobilisation de tous les étudiants caennais pour récupérer nos locaux... et avec calme et raison (je ne le répèterai jamais assez) Pour les lève-tard ou ceux qui ne sont pas disponibles: deuxième rassemblement devant le bâtiment Lettres, le même jour, à 14h; notamment les étudiants en Sciences Humaines. Lundi 8h puis Lundi 14h Soyez présents à ces deux rendez-vous, il en va de votre avenir direct. Une semaine de blocage en plus, et plus aucune solution raisonnable ne pourra être prise concernant les modalités des examens.
Vendredi, Avril 07, 2006
Compte rendu de la réunion de l'UFR des Sciences Humaines.
Propositions (et non décision officielle) : allonger les semaines de cours juqu'au 26 juin. Examens fin juin. Afin de raccourcir les délais: si possibilité, certains devoirs sur table remplacés par des notes de contrôle continu.
Le reste ne fut que mascarade et attaques ad hominem.
Tous les étudiants de Sciences Humaines désireux de reprendre les cours sont invités à se présenter lundi à 14h devant le bâtiment Lettres. Que vous soyez pro ou anti blocage, pro ou anti cpe: si vous trouvez que la situation s'enlise et qu'il est temps de retrouver les salles de cours afin que nous ne passions pas nos examens en plein mois de juillet, si vous voulez bosser cet été, rentabiliser vos centaines d'euros de frais d'inscription.
Je le répète, il ne s'agit pas d'une action de débloquage, mais le rassemblement de tous les étudiants qui souhaitent passer leurs examens dans les meilleures conditions.
LUNDI
14H
Devant le BATIMENT LETTRES
Jeudi, Avril 06, 2006
MOBILISATION
TOUS les étudiants lassés par le blocage de leurs bâtiments, je dis bien TOUS, sont invités par la présidence à se rendre lundi matin entre 10h30 et 11h à la faculté afin que la situation redevienne normale.
La mobilisation doit être générale: étudiants de tous les UFR et de tous les campus: rendez-vous lundi! Ce rassemblement est vraiment très important.
Réponse de M.Deforge,réunion pour les professeurs et étudiants de Sciences Humaines.
Merci beaucoup de ces messages qui m'encouragent.
J'organise vendredi 7 avril une réunion de tous les étudiants, de tous
les enseignants et de tous les personnels de l'UFR des Sciences de
l'Homme, à 11h à l'Amphi 2000 (voir site web de l'UFR et les journaux de
demain).
Je compte sur votre présence à tous. J'ai besoin de votre soutien.
Cordialement
B.Deforge
Directeur de l'UFR des Sciences de l'Homme
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Message à tous les enseignants-chercheurs, tous les étudiants et tout le
personnel administratif
de l’UFR des Sciences de l’Homme.
Je vous propose de nous réunir le vendredi 7 avril à 11h à l’Amphi 2000,
afin d’envisager ensemble les modalités possibles :
- de reprise des enseignements,
- de contrôle continu et d’examens,
du second semestre de l’année universitaire.
Je compte sur la présence de tous dans un esprit constructif.
Bernard DEFORGE
Directeur de l’UFR des Sciences de l’Homme
PS : Merci de relayer cette information auprès de vos collègues.
Mardi, Avril 04, 2006
Dimanche, Avril 02, 2006
Nous rentrons dans la quatrième semaine...
Quel est le bilan?
Vendredi 30 mars, le CPE a été officiellement promulgué par le Président de la République, avec toutefois des modifications sur les deux points les plus litigieux, à savoir la période d'essai de deux ans (réduite à un an) et les modalités de licenciement (ce sera désormais au patron de justifier le licenciement.) Pas de retrait,donc. Et des arrangements.
A Caen, une tentative d'incendie devant le bâtiment Lettres provoque la colère des étudiants, qu'ils soient bloqueurs ou anti-bloqueurs. Cet acte débile et irresponsable ne fera qu'envenimer la situation. Je pense, j'espère, que tout le monde condamne ces agissements irresponsables et immatures.
Comme prévu, les tensions s'amplifient,les esprits se fatiguent, se radicalisent et les actions de blocage se révèlent de plus en plus inutiles.
Le CPE,comme le CNE,ne sera pas retiré. Alors... blocage jusqu'au retrait de ces deux contrats de travail? J'ai ouï dire que des étudiants bloquent leur université depuis 1936 dans l'attente du retrait de la loi sur les congés payés. Les bloqueurs de 2006 comptent-ils rester dans les bâtiements jusqu'à évacuation par les urgences pour cause de rhumatismes aggravés?
Plus sérieusement: le blocage est-il encore utile (l'a-t-il jamais été?) ?
Non,mille fois non!
Il est temps de réinstaurer un dialogue.Ces trois semaines pleines durant,nous avons tous eu nos lots de discussions concernant le blocage, le CPE, la "précarité", notre avenir. Certains de nos préjugés se sont renforcés, ou bien sont tombés, certains de nos avis ont pu évoluer dans le bon sens comme le mauvais, nous avons pu nous rendre compte que tous les bloqueurs n'étaient pas d'affreux staliniens et que les anti-bloqueurs n'étaient pas tous d'affreux nazis.
Il est temps de dialoguer. Les AG sont toujours organisées par les pro-blocage. Nous devons organiser une grande réunion pour permettre le dialogue entre étudiants, ce dialogue qui se perd de plus en plus, en y invitant les étudiants et rien que les étudiants (les seuls à pouvoir juger ou non de l'utilité du blocage de LEUR lieu de travail.), de tous les campus.
En attendant, deux rendez-vous sont à ne pas manquer:

Samedi, Avril 01, 2006
Lettres ouvertes à M. Bernard Deforge,directeur de l'UFR des Sciences Humaines
Le 29 mars, un courrier de M. Deforge, directeur de l'UFR de Sciences Humaines a été donné à la connaissance des étudiants. Pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, le voici:
"Caen le 29/03/06
Chers collègues,
Nous sommes le mercredi 29 mars. Comme pour vous tous le mercredi 8 mars a été le dernier jour où j'ai pu exercer mon métier (enseignant) et ma fonction (directeur d'UFR). Depuis lors le bâtiment où nous exerçons notre métier et nos diverses fonctions est "bloqué" par des étudiants et quelques non-étudiants au nom de la lutte contre le CPE, sujet sans rapport aucun avec l'Université! Car enfin si tous les sujets qui peuvent angoisser les jeunes étaient du ressort des Universités et devaient aboutir à leur "blocage", celles-ci n'ouvriraient probablement plus jamais!
J'ai cru au fil de ces trois semaines que la raison allait l'emporter, mais d'échéance en échéance le "blocage" continue. Le référendum (22/3/06) qui a mis en évidence le souhait de la majorité des étudiants de pouvoir retourner à leurs études n'a eu aucun effet. Vous avez lu le dernier communiqué de la Présidence de l'Université décrivant l'insécurité des bâtiments, la position ferme du Conseil d'Administration de l'Université (25/3/06), relayée depuis lors par le collège des Directeurs d'UFR et d'Instituts (27/3/06), réclamant le "déblocage" des bâtiments. Mais rien n'y fait. La politisation du débat est à présent totale.
Nous arrivons en outre aujourd'hui à un moment au-delà duquel le temps d'étude perdu sera irrattrapable, quelles que soient les mesures que nous serons conduits à prendre après la réouverture effective et durable du bâtiment (telles que la prolongation des cours durant quatre semaines, idée qui semble prévaloir actuellement dans notre Université : les examens du second semestre auraient donc lieu, dans cette hypothèse, au mieux durant la première quinzaine de juillet!).
Bref, ces considérations m'ont conduit aujourd'hui à prendre en conscience ce que j'estime être mes responsabilités de Directeur de l'UFR (non sans en avoir délibéré avec mes deux collègues du Bureau de l'UFR), responsabilités dont chaque jour les courriels que vous m'adressez ainsi que ceux des étudiants me font mesurer à ma grande honte l'inefficacité et l'inanité; j'ai donc décidé, de guerre lasse, de recourir (sur mes deniers personnels) aux services d'un avocat spécialiste de droit public, de façon à engager toutes les procédures judiciaires et administratives conduisant à "faire cesser dans les plus brefs délais l'occupation sans titre des bâtiments universitaires". Cette démarche sera, je l'espère, le déclic qui arrêtera l'enlisement dans lequel notre communauté universitaire est entrée. Il n'y a aucune raison pour que l'enlisement politique national nous enlise nous-mêmes.
Je m'engage, une fois le Bâtiment Lettres "débloqué" et pleinement rendu à ses finalités (enseignement, recherche et administration), à réunir un Conseil d'UFR dans les délais légaux, dont l'ordre du jour sera la modification du calendrier universitaire et les diverses mesures à prendre pour une validation raisonnable du second semestre, mais dans cette attente je vous invite à réfléchir entre collègues des différents Départements et sous la houlette de vos Directeurs à ce qui vous paraît raisonnable et envisageable, les questions pédagogiques et de notations/évaluations étant et devant rester du ressort exclusif des enseignants-chercheurs et des Conseils élus. Je suis par ailleurs ouvert aux modalités (praticables) qui pourraient être mises en place pour que le débat sur le CPE et la précarité puisse continuer parallèlement à la reprise des cours, à condition bien sûr que ceux-ci n’en soient pas encore entravés.
En espérant des jours meilleurs, je vous prie d'agréer, chers collègues, mes cordiales pensées.
Bernard Deforge
Directeur de l'UFR des Sciences de l'Homme"
M. Deforge est parmi les seuls à soutenir une reprise rapide et effective des cours, ainsi qu'à agir personellement pour le déblocage de la situation.
Je vous propose donc de poster ici tous vos messages de soutien (et rien que les messages de soutien) afin de lui montrer que nous saluons son initiative. Ces messages lui seront par la suite envoyés par mail.
Merci à vous.
Jeudi, Mars 30, 2006
Bilan: les tensions s'accentuent.
Près de 500 personnes (edit: avec une marge d'erreur de +/- 10% pour les contestataires,bien que cela importe peu) se sont réunies pour une manifestation en faveur du déblocage. Dans le calme, et ce malgré les provocations de certains (qui ont prouvé par là, après l'arrachage des affiches informant la tenue du rassemblement, leur attachement au discours unique et leur fermeture à toute autre vision qu'eux).Condescendance et mépris de l'avis opposé ont dominé leur triste mascarade. Les anti-blocage ont réagi avec sagesse en ignorant les huées des quelques étudiants et lycéens ne tolérant qu'eux-même et ont rejoint la préfecture sans agitation, respectueux de leur action.
Les discussions avec le préfet n'ont hélas rien donné: pas d'intervention des forces de l'ordre s'il n'y a pas de problème majeur de sécurité. Soit. Toutes les actions pacifiques et démocratiques ayant échoué, face à la passivité des autorités, face au mépris de certains, mus par la colère de ne pas être entendus, une frange des anti-blocage s'est décidée à reprendre les bâtiments par la force. Quelques heurts entre étudiants, des exctincteurs vidés, de houleuses discussions... cette après-manifestation avait des allures de "La Guerre des Boutons".
Les étudiants se battent entre eux. La bataille est avant tout idéologique. La préférence pour la Liberté se bat contre la préférence pour l'Egalité, et la Fraternité s'est éclipsée.
Nous sommes dans une impasse. Des deux côtés des montagnes de chaises et de tables qui nous séparent. Si les autorités continuent à faire la sourde oreille, ils auront (et personne ne le souhaite) leur justification pour intervenir: un ou plusieurs blessés. Bien fait pour eux. Bien fait pour nous.
AG Lundi prochain au Campus 2 (Amphi 500 ou Varignon) à 10H. Nous devons soutenir le mouvement anti-blocage et être à nouveau nombreux!
Mardi, Mars 28, 2006
Grande mobilisation Jeudi 30/03 à 10h00

La "majorité silencieuse" doit se faire entendre. Il est important que nous soyons nombreux à montrer que nous nous sentons concernés et pénalisés par le blocage de nos bâtiments. Que ce soit par intérêt, ou par principe, que vous soyez pour ou contre le CPE...peu importe: faisons savoir que nous sommes contre l'occupation!
Transmettez,diffusez... plus nous serons nombreux, plus nous aurons de poids.
Pourquoi la mobilisation contre le CPE n'est pas un nouveau Mai 68 par Eric Zemmour
Ils crient CRS-SS. Ils proclament : «Sous les pavés la plage.» Ils occupent la Sorbonne. Mai 68 est dans toutes les têtes – des manifestants, comme des médias et des politiques. Mais c'est un Mai 68 d'opérette. Un Mai 68 remixé, comme ces airs des années passées, samplés par des disc-jockeys habiles pour leurs folles nuits dansantes.
Rien ne ressemble moins à Mai 68 que ces manifestations contre le CPE de mars 2006. Jusque dans les moindres détails. Dans les manifs d'antan, le service d'ordre des étudiants est solide et bien trempé. Le casque et la barre de fer sont de rigueur. Les combats avec les «fachos» et les autonomes» sont plus féroces qu'avec les CRS. Ceux-ci ne font pas de cadeaux non plus. La violence est assumée par tous les protagonistes ; dans militant, il y a militaire. Chacun a sa légitimité : violence révolutionnaire pour les uns, violence d'Etat pour les autres.
Aujourd'hui, la violence est le mal en soi. La télévision traque les «coupables». Le service d'ordre étudiant est inexistant, les cortèges sont de gigantesques gruyères. Les «jeunes» ne veulent pas entendre parler de maintien de l'ordre, pour eux le début du «fascisme». Les CRS restent cois des heures durant sous les insultes, les pierres et les projectiles divers jetés par des anarchistes et des banlieusards venus uniquement «casser du flic». Eux seuls assument la violence sans état d'âme. La «bavure» est la hantise du ministre de l'Intérieur qui a donné des consignes très strictes. Le syndicaliste blessé est un drame humain, mais c'est déjà un miracle qu'il n'y en ait pas eu d'autres, beaucoup d'autres. Un nouveau «miracle» après celui des émeutes de novembre. Il est vrai que les CRS sont devenus des professionnels aguerris. Leur niveau de formation s'est élevé, beaucoup de diplômés déclassés peuplent leurs rangs. En 1968, ils étaient des ouvriers ou des paysans qui méprisaient les fils de bourgeois. On connaît le mot célèbre d'un metteur en scène italien de l'époque pourtant de gauche : «Entre un étudiant et un CRS, je choisis le CRS car c'est un fils du peuple.»
Cet affrontement de classe s'est estompé. Les étudiants pourraient être les enfants des CRS. L'université française s'est démocratisée, massifiée, prolétarisée. La moitié des étudiants travaille pour payer ses études et son logement. Les étudiants de 68 dissertaient sur la lutte des classes, mais ne connaissaient pas l'entreprise ; ceux de 2006 la connaissent très bien, et n'en ont vu que les plus mauvais côtés.
Leurs discours sont plus pratiques, moins brillants. La prolétarisation n'est pas uniquement sociale. L'abaissement du niveau scolaire pour satisfaire les statistiques du baccalauréat a fait son oeuvre. Le refus de la sélection – entériné en 1986 – a créé d'innombrables filières (éducation physique, sociologie, etc.), sans débouchés professionnels. Des troupes désespérées sont ainsi conduites dans des mouvements sans discours construit, sans culture historique ni politique. Sans ligne définie. Le contraire des leaders de 68 qui, eux, se droguaient d'une logorrhée théorique, un fatras millénariste et marxiste, mais aux références livresques indéniables. Les vieux renards des mouvements de jeunes, passés depuis au PS, s'arrachent les cheveux. «Ils sont où on les pose. C'est le mouv !» confie, désabusé l'un d'entre eux. Sans ligne ni leader. Personne ne veut assumer la direction du mouvement. «On n'est pas là pour faire émerger des nouveaux Cohn-Bendit», proclame une étudiante lilloise. Autorité, supériorité, compétition – encore des mots tabous d'une génération.
Leur unique slogan est «résistance», scandé sur tous les tons. Résistance au CPE, résistance au libéralisme, résistance à la mondialisation – les étudiants de 2006 sont sur la défensive. Ils s'enferment dans les universités comme dans une citadelle assiégée. Ils occupent leurs locaux dès le début des mouvements, alors que cette opération ne venait en 1968 qu'à la fin. Les étudiants de Mai 68 rêvaient de lendemains qui chantent, ceux de 2006 n'ignorent point que leurs lendemains déchanteront. Ils cherchent seulement à limiter la casse. Sans l'avouer, ils ont intériorisé la phrase du président de la Commission Barroso : «Tout le monde sait que l'on vivra avec moins de garanties, moins d'acquis, moins de bonheur que les générations précédentes.»
En 1968, les jeunes étaient internationalistes et s'opposaient à un Etat fort, colbertiste, campé dans ses frontières et son histoire millénaire. De Gaulle incarnait Richelieu et Louis XIV ; les étudiants lui jouèrent les enragés de 93 avec et les mazarinades. Aujourd'hui, c'est le capitalisme qui est internationaliste et incarne une sorte de révolution permanente. Les mots «changement», «réforme» et «conservatisme» sont subvertis. Retournés. Les jeunes s'arc-boutent sur le modèle social français, tandis que l'Etat essaye d'adapter aux normes mondiales un pays rétif qui refuse de renoncer définitivement à son logiciel égalitaire forgé par le catholicisme, la monarchie et la Révolution.
Mais le dialogue des générations est justement obscurci par cette question des inégalités : selon les travaux du sociologue Louis Chauvel, l'écart des rémunérations moyennes entre trentenaires et cinquantenaires était de 15% en 1975, il est désormais de 40%. Les babyboomers sortent grands vainqueurs de la lutte des générations du XXe siècle. Les jeunes d'aujourd'hui n'osent pas reprocher à leurs parents de laisser un monde où leur sort sera pire que le leur. Les parents baby-boomers «culpabilisent» en secret et soutiennent leurs enfants. Ils leur livrent clés en mains un savoir-faire, une référence, des slogans, un idéal. Ils leur donnent les mots de la révolte pour mieux la diriger encore. Et éviter qu'elle ne se retourne contre eux. Comme si la référence obsessionnelle à Mai 68 servait fort opportunément à empêcher la révolte de la jeunesse contre le monde légué par les soixante-huitards.
* Grand reporter au service politique du Figaro.
Lundi, Mars 27, 2006
Rassemblement des anti-blocage Jeudi 30/03
Jusqu'à présent,les actions anti-blocage n'ont pas brillé par leur efficacité. Pas d'organisation officielle, pas de syndicats, une passivité terrible de la part d'un très grand nombre d'étudiants,la peur d'une radicalisation du mouvement anti-blocage de la part de certains ou au contraire actions jugées trop molles pour d'autres.
La présidence ne respecte pas ses engagements. Elle laisse faire, adoptant une attitude très française qui est la suivante: "Laissons faire tant qu'il n'y a pas de blessés ou de morts", c'est à dire la négation de toute forme de prévention. Le festival des Fous de la Rampe est suspendu. Les bloqueurs sont passés à la phase B: l'éventuel retrait du CPE ne leur suffit plus, c'est désormais une lutte générale qu'ils comptent mener: l'éradication de la pauvreté en France, rien de moins!
La cause est utopiste mais pas illégitime. Les moyens par contre le sont.
Ainsi, tout étudiant opposé au blocage de plus en plus durable de la fac se doit de se sentir concerné et d'agir en faisant part de sa présence jeudi sur le Campus 1. Non pas pour tenter un déblocage forcé des bâtiments, non pas pour "casser du gauchiste" comme certains se plaisent à le laisser entendre, non pas pour exprimer sa violence, mais bel et bien pour montrer que nous pouvons être nombreux. Les mouvements nationaux anti-blocage sont montrés comme anecdotiques dans les médias, et tournés en ridicule par les bloqueurs, qui y voient une révolte de fils à papa, ivres qu'ils sont non seulement de leur mauvaises bières mais aussi d'amalgames faciles et de grossière caricature.
Rendez-vous est fixé donc, JEUDI 30/03 A 10H30 DEVANT "LA PARENTHESE" (CAMPUS1)
En attendant,vous pouvez toujours consulter le lien suivant:
http://antiblocage.hautetfort.com
Dimanche, Mars 26, 2006
Se sentir concerné et agir (à diffuser)
Lundi 27/03 à 13h aura lieu une Assemblée Générale au Campus 1.
Tous ceux qui se sentent concernés par le débloquage se doivent d'y participer. Nous devons montrer que nous ne sommes pas qu'une minorité à désirer reprendre les cours. Si c'est le seul moyen pour les débloqueurs d'être conscients de leur illégitimité, agissons!
Il faudra certes attendre deux ou trois heures de palabres, de discours politisés, supporter la mauvaise foi mais... au moment du vote concernant le débloquage, nous DEVONS être majoritaires. J'avoue être déçu par la passivité de nombreux étudiants qui se contentent de profiter du bloquage pour ne rien faire, qui en ne s'investissant pas cautionnent implicitement l'action des bloqueurs. Etudiants de Sciences Humaines, vous aussi mobilisez-vous!
L'intervention de la police est certes prévue ce lundi. Mais les voix étudiantes doivent également se faire entendre lors de cette prochaine AG.
Les esprits s'échauffent, après tant de semaines de passivité de la présidence la colère est montée, il est temps de l'utiliser à bon escient et avec sagesse: en votant. Si cela s'avère peine perdue, soutenons l'évacuation des bloqueurs, qui je l'espère, se fera sans heurts.
Il est primordial de se déplacer lundi à 13 heures, afin de ne pas (plus) cautionner la passivité et le blocus de nos bâtiments.
Le lieu, la date et l'heure de cette AG doit être transmise au plus de personnes possibles, quelque soit la légitimité des Assemblées Générales, quelque soit notre avis sur le CPE, quelque soit notre bord politique.
La véritable action, c'est pour maintenant.
Samedi, Mars 25, 2006
Information à relayer
Initialement posté sur http://antiblocage.hautetfort.com
Rapport du Conseil d'administration du 24/03/06
Voila ce qui a été dit hier en conseil d'administration de l'université :
A la motion émise par le collectif "le CA de l'université de basse normandie demande t il instantanément le déblocage de l'ensemble des bâtiments?" =>pas encore de réponse...




